Cours d'histoire

Les Sykes

Les Sykes

L'Accord Sykes-Picot de 1916

«Il est donc entendu entre les gouvernements français et britannique:

Que la France et la Grande-Bretagne sont prêtes à reconnaître et à protéger un État arabe indépendant ou une confédération d'États arabes (a) et (b) marqués sur la carte annexée, sous la suzeraineté d'un chef arabe. Que dans la zone (a) la France, et dans la zone (b) la Grande-Bretagne, auront priorité de droit d'entreprise et de crédit local. Que dans la zone a) la France et dans la zone b) la Grande-Bretagne fourniront seuls des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l'État arabe ou de la confédération des États arabes.

Que dans la zone bleue, la France et dans la zone rouge, la Grande-Bretagne, seront autorisées à établir l'administration ou le contrôle direct ou indirect qu'ils souhaitent et qu'ils jugent bon de convenir avec l'État arabe ou la confédération des États arabes.

Que, dans la zone brune, une administration internationale sera établie, dont la forme sera décidée après consultation de la Russie, puis en consultation avec les autres alliés et les représentants du shérif de La Mecque.

Que la Grande-Bretagne bénéficie (1) des ports de Haïfa et d'Acre, (2) de la garantie d'un approvisionnement en eau donné des Tigres et de l'Euphrate dans la zone (a) pour la zone (b). Le gouvernement de Sa Majesté, pour sa part, s'engage à ne jamais engager à aucun moment des négociations pour la cession de Chypre à une troisième puissance sans l'accord préalable du gouvernement français.

Qu'Alexandretta sera un port franc en ce qui concerne le commerce de l'Empire britannique et qu'il n'y aura aucune discrimination dans les redevances ou les installations portuaires en ce qui concerne la navigation et les marchandises britanniques; qu'il y aura une liberté de transit pour les marchandises britanniques à travers Alexandretta et par chemin de fer à travers la zone bleue, ou (b) zone, ou zone (a); et il n'y aura aucune discrimination, directe ou indirecte, contre les marchandises britanniques sur un chemin de fer ou contre les marchandises ou navires britanniques dans tout port desservant les zones mentionnées.

Que Haïfa soit un port franc en ce qui concerne le commerce de la France, de ses dominions et de ses protectorats, et il n'y aura aucune discrimination dans les redevances ou les installations portuaires en ce qui concerne la navigation et les marchandises françaises. Il y aura une liberté de transit pour les marchandises françaises via Haïfa et par le chemin de fer britannique à travers la zone brune, que ces marchandises soient destinées ou originaires de la zone bleue, de la zone (a) ou de la zone (b), et il n'y aura pas de discrimination, directe ou indirecte, contre les marchandises françaises sur n'importe quel chemin de fer, ou contre les marchandises ou les navires français dans tout port desservant les zones mentionnées.

Que, dans la zone a), le chemin de fer de Bagdad ne doit pas être prolongé vers le sud au-delà de Mossoul et dans la zone b) vers le nord au-delà de Samarra, jusqu'à ce qu'un chemin de fer reliant Bagdad et Alep via la vallée de l'Euphrate soit achevé, et alors uniquement avec l'accord du deux gouvernements.

Que la Grande-Bretagne a le droit de construire, d'administrer et d'être le seul propriétaire d'un chemin de fer reliant Haïfa à la zone (b), et aura un droit perpétuel de transporter des troupes le long d'une telle ligne à tout moment. Les deux gouvernements doivent comprendre que ce chemin de fer doit faciliter la connexion de Bagdad avec Haïfa par chemin de fer, et il est en outre entendu que, si les difficultés techniques et les dépenses entraînées par le maintien de cette ligne de connexion dans la zone brune ne font que le projet irréalisable, que le gouvernement français soit prêt à considérer que la ligne en question pourrait également traverser le Polgon Banias Keis Marib Salkhad à Otsda Mesmie avant d'atteindre la zone (b).

Pendant une période de vingt ans, le tarif douanier turc en vigueur restera en vigueur dans l'ensemble des zones bleues et rouges, ainsi que dans les zones a) et b), et aucune augmentation des taux de droit ou des conversions valorem à des taux spécifiques sera effectué sauf accord entre les deux puissances.

Il n'y aura pas de barrières douanières intérieures entre les zones susmentionnées. Les droits de douane perçus sur les marchandises destinées à l'intérieur sont perçus au port d'entrée et remis à l'administration de la zone de destination.

Il sera convenu que le gouvernement français n'engagera à aucun moment des négociations pour la cession de ses droits et ne cèdera pas ces droits dans la zone bleue à une troisième puissance, à l'exception de l'État arabe ou de la confédération des États arabes, sans l'accord préalable accord du gouvernement de Sa Majesté qui, de son côté, donnera un engagement similaire au gouvernement français concernant la zone rouge.

Les gouvernements britannique et français, en tant que protecteurs de l'État arabe, conviennent qu'ils n'acquerront pas eux-mêmes et ne consentiront pas à une troisième puissance acquérant des possessions territoriales dans la péninsule arabique, ni consentir à ce qu'une troisième puissance installe une base navale soit sur la côte est, ou sur les îles, de la mer rouge. Toutefois, cela n'empêchera pas un tel ajustement de la frontière d'Aden qui pourrait être nécessaire à la suite de la récente agression turque.

Les négociations avec les Arabes sur les frontières des États arabes se poursuivront par la même voie qu'auparavant au nom des deux puissances.

Il est convenu que des mesures visant à contrôler l'importation d'armes dans les territoires arabes seront examinées par les deux gouvernements.

J'ai en outre l'honneur de déclarer que, pour conclure l'accord, le gouvernement de Sa Majesté propose au gouvernement russe d'échanger des notes analogues à celles échangées par ce dernier et le gouvernement de votre excellence le 26 avril dernier. Des copies de ces notes seront communiquées à votre excellence dès leur échange. Je me permets également de rappeler à Votre Excellence que la conclusion du présent accord soulève, pour examen pratique, la question des prétentions de l’Italie à une part dans toute partition ou tout réarrangement de la Turquie en Asie, comme le prévoit l’article 9 de l’accord de la 26 avril 1915, entre l'Italie et les alliés.

Le gouvernement de Sa Majesté considère en outre que le gouvernement japonais devrait être informé des arrangements désormais conclus. »

Voir la vidéo: Les Sykes in Plough over 45's league. ya know (Mai 2020).